26 novembre au 3 décembre: NAPLES/ITALIE/CAMPANIE: 8940 km parcourus depuis le départ

Super le trajet en 🚄. Seulement 2 heures pour arriver à NAPOLI. Ça nous change ! Nous sommes logés dans la Via dei Tribunali qui est l'une des rues emblématiques du centro historico (classé au patrimoine mondial de l'UNESCO). 

Nous nous trouvons dans l'un des lieux les plus vivants, authentiques et fréquentés de la ville, réputé pour son riche patrimoine architectural, sa vie de rue animée et sa scène gastronomique, notamment ses célèbres pizzerias et sa street-food 😋.

Quelques clichés de notre trajet (on ne déroge pas aux bonnes habitudes):

Naples: l'Indomptable

Nous qui arrivions de Rome, la policée, la photogénique, la proprette et très sécurisée, nous voilà transporter dans un autre monde ! L'Italie un peu cliché, peut-être, mais telle qu'on l'imagine ou qu'on la voit dans les films.

Linges qui pendent aux fenêtres, musique đŸŽ”,  habitants qui chantent 🧑‍đŸŽ€ et parlent avec force gestes. Tout y est, même les délicieuses odeurs chaudes et enveloppantes des pizzas sorties du four. Cette odeur, si simple, accroche immédiatement : elle donne faim, elle rassure.

Bref, il souffle un petit air de chaos qui n'est pas pour nous déplaîre 🎉. C'est d'ailleurs une ville complétement graffée. Il y en a littéralement partout. 

Naples ne se visite pas : elle se vit. C’est une ville qui surprend, qui émeut, et qui laisse une empreinte durable. Posée entre la mer et l’ombre majestueuse du Vésuve 🌋avec ses nombreux quartiers, ses traditions, elle vibre d'énergie. 

El Dios Maradona : "El Pibe de Oro"  (le gamin en or )

À Naples, Diego Maradona est bien plus qu’un simple footballeur : il est une légende. Arrivé en 1984, il a fait vibrer la ville avec ses dribbles et ses buts mémorables, devenant rapidement le héros des Napolitains. Pour eux, il représentait la fierté et l’espoir d’une ville souvent confrontée à des difficultés.

Il est partout, partout, partout. En graffs, en magnets, en drapeau, en tableaux... 

Il a transformé l'équipe de Naples, autrefois modeste, en un club de renommée mondiale en remportant des titres majeurs comme deux scudetti (Championnat d'Italie), une Coupe de l'UEFA, une Coupe d'Italie et une Supercoppa.

Même après son départ, son nom continue de vivre, symbole d’une passion pour le football et pour un footballeur qui ne s’éteindra jamais.

"Forza Napoli !": c'est le cri de ralliement pour le club de football de la ville, le SSC Naples.  Les supporters répondent souvent "Sempre !" ("Toujours !").

Flâneries napolitaines : la ville et ses quartiers

Centro Storico

C'est un labyrinthe vivant de ruelles étroites, d’églises anciennes, de places animées et où l’ambiance napolitaine se ressent à chaque pas.

Les rues, ici, appartiennent tant aux piétons qu'aux véhicules. Les conducteurs de scooters (sans casque évidemment) ou de véhicules, klaxonnent (sans freiner leur élan) pour qu'on leur laisse la place (ça roule parfois sur les trottoirs 🙄).

La Via dei Tribunali abrite, rien qu'à elle, 20églises et édifices religieux. Sur le centro historico on passe à 100 Beaucoup sont des églises anciennes, parfois cachées dans des ruelles étroites. Parmi les plus célèbres : le Duomo (Cathédrale de Naples), Santa Chiara, San Lorenzo Maggiore, Gesù Nuovo.

Duomo San Gennaro (Saint Janvier)

San Gennaro, le saint patron de Naples, est un membre de la famille pour les Napolitains. Dans le Duomo, où sont conservées ses reliques, se déroule trois fois par an le célèbre « miracle du sang ». Selon la tradition, si le sang conservé dans deux ampoules se liquéfie, c'est signe de protection pour la ville. Quand le miracle se produit, Naples respire ; quand il tarde, l’inquiétude grandit (aïe, aïe, aïe).

Chapelle Sansevero: Alchimie et Génie 

C'est un joyau baroque, testament au génie de son commanditaire, le prince Raimondo di Sangro (XVIIIe siècle - érudit et alchimiste présumé). (Photos interdites...).

  • Cristo Velato : œuvre emblématique de Giuseppe Sanmartino. La sculpture est une prouesse technique où le corps du Christ est recouvert d'un linceul de marbre d'une finesse et d'une transparence saisissantes, défiant la matière.

Cristo Velato  – Photo David Sivyer 

  • Les machines anatomiques: Le génie expérimental du Prince est illustré par ces terrifiantes "machines" dans la crypte: squelettes d'un homme et d'une femme dont les systèmes circulatoires sont étrangement conservés. Qu'elle soit due à l'alchimie ou à une technique d'injection complexe, cette "technique" reste un mystère fascinant encore de nos jours. 

Piazza Bellini

Sotterrannea

Nommée Nea Polis (Ville Nouvelle) par les Grecs (eh oui l'origine est grecque), Naples cache sous ses rues une histoire très ancienne. Ce "millefeuille" souterrain, creusé dans le tuf, a successivement servi de carrière, de citerne pour l'aqueduc gréco-romain, de nécropole chrétienne (Catacombes), de passage secret royal (Tunnel Bourbon), et de refuge anti-aérien vital durant la Seconde Guerre mondiale. La Camorra y a même élu domicile jusque dans les années 70. Puis le projet des Jardins Hypogés (faire pousser des plantes que les napolitains auraient pu consommer) n'a pas abouti.

Ainsi donc, les carrières ont été reconverties en visite découverte.

Tout le groupe a marché sur plusieurs dizaines de mêtres dans des boyaux dans le noir complet (avec nos lampes torche 🔩 de téléphone quand même) de profil car de face les épaules ne passaient pas. TRÈS amusant 😅

Basilica San Lorenzo Maggiore

Basilica di San Giorgio Maggiore: un trésor dévoilé

Derrière le grand tableau de Saint Georges terrassant le dragon, se cache une surprise qu'un bénévole d'une association locale de sauvegarde du patrimoine de la Basilique nous a dévoilée. 

En retirant légèrement le chambranle qui encadre l’œuvre principale, on découvre une seconde toile, plus ancienne, datée des années 1600. Elle représente la même scène héroïque, mais avec un style plus sobre.

Cette peinture oubliée, a été révélée par hasard lors d’un entretien du 1er cadre.

Via San Gregorio Armeno

Cette rue incarne à elle seule l'esprit de Noël toute l'année.

Elle est mondialement célèbre pour ses innombrables ateliers et échoppes dédiés à la production artisanale de crèches (presepi) et de figurines de la Nativité. 

Des artisans talentueux y sculptent minutieusement non seulement les figures sacrées classiques, mais aussi des personnages contemporains et satiriques, allant des joueurs de football aux politiciens.

Basilica San Paolo Maggiore (ou San Gaetano)

L'église a été construite sur le site d'un temple du 1er siècle après J-C. dont il subsiste encore 2 colonnes sur la façade. 

Piazza Dante

Basilica di Santa Chiara

Place et Chiesa del Gesù Nuovo

La façade austère et bosselée (pierres de taille en pointe de diamant) du Gesù Nuovo est en réalité le côté face de l'ancien Palazzo SanseverinoElle est le témoignage d'une architecture civile transformée en église (au XVIe siècle). 

L'éclat de l'intérieur baroque contraste violemment avec la sévérité extérieure. 

Un attachement sincère et fervent est voué à San Giuseppe Moscati (1880-1927). Médecin et scientifique napolitain, Moscati est surtout connu comme le "médecin des pauvres" et pour sa charité inépuisable.

Le Docteur Moscati venait se recueillir chaque matin à la Chiesa Gesù Nuovo avant de commencer sa journée de travail à l'hôpital. Son corps y repose aujourd'hui.

Canonisé par Saint Jean-Paul II en 1987, il est un puissant symbole d'espérance, et les fidèles, en particulier les malades, continuent de se rendre au Gesù Nuovo pour solliciter son intercession.

Via Toledo et Quartieri Spagnoli 

Naples était l'une des capitales les plus importantes du royaume d'Espagne au XVIè siècle en Méditerranée. Lorsque la Via Toledo a été construite en 1536 par le vice-roi Pedro de Toledo, elle servait de frontière, entre l'ancienne ville et la zone nouvellement développée pour loger les troupes espagnoles (les futurs Quartieri Spagnoli). 

Elle est aujourd'hui longue de 1,2 kilomètre et concentre une quantité impressionnante de boutiques. 

Dans les Quartrieri Spagnoli, on retrouve la même atmosphère que dans le Centro historico y règne. Photos à l'appui:).

Via Toledo

Quartieri Spagnoli

⚜Maradona le retour ⚜

Centro Monumental

En référence aux monuments (qui sont bien souvent monumentaux). 

Il réunit les symboles les plus représentatifs de la ville. Au cœur du quartier s’ouvre la Piazza del Plebiscito dominée d’un côté par le Palazzo Real, ancienne résidence des Bourbons, et de l’autre par la Basilique San Francesco di Paola, reconnaissable à son grand dôme et à sa colonnade néoclassique.

À quelques pas, la Galleria Umberto I déploie sa verrière élégante du XIXᔉ siècle.

Plus bas, la vaste Piazza Municipio s’étend face au Castel Nuovo : une forteresse médiévale emblématique qui marque l’entrée du port.

En longeant la mer, on rejoint le Castel dell’Ovo, posé sur l’îlot de Megaride. C’est le plus ancien château de la ville.

Palazzo Real

Basilique San Francesco di Paola

Galleria Umberto I

Piazza Municipio

Castel Nuovo

Castel dell’Ovo

đŸ”ïž Le Vésuve 

Il est là, présent, dès la sortie de la gare à Naples. Nous ne pouvions passer à côté sans y monter, d'autant que nous avons visité le site d'Herculanum.

Une navette 🚌 (depuis la gare d'Ercolano) nous a déposés à 1000m d'altitude.  Champion le chauffeur car la route n'est pas large et les lacets nombreux. Arrivés au parking, le reste se fait à đŸŠ¶

Environ 30 minutes pour monter. Et ça grimpe ! La température baisse drastiquement avec l'altitude đŸ„¶. Nous avons choisi une journée ensoleillée (heureusement) car une partie du volcan se trouve dans l'ombre (il y avait du givre sur les côtés).

C'est impressionnant d'admirer ce volcan pas complètement endormi (il y a des fumeroles). On se rend compte de la quantité de roches qui ont été propulsées dans l'atmosphère pour finir par retomber sur Herculanum et Pompei.  

C'est majestueux, on se sent ridiculement petits. Un souvenir extraordinaire de gravir notre premier volcan du voyage. 

Le volcan a connu des dizaines d’éruptions documentéesL’éruption la plus célèbre reste celle de l’an 79 ap. J.-C., a enseveli les cités antiques de Pompéi et Herculanum sous la cendre et les nuées ardentes.  Depuis 1944, date de sa dernière éruption, le volcan est au repos. 

Le cône volcanique actuel mesure environ 1 281 mètres de haut.

 Même silencieux, le Vésuve reste un volcan actif. Les scientifiques contrôlent en permanence ses mouvements, ses fumerolles et les secousses de la zone.  

Près d’un million de personnes montent jusqu’au bord du cratère chaque année. Le sommet offre une vue spectaculaire sur Naples et la mer.

Herculanum

Avant d'arriver sur site, nos billets nous permettaient d'avoir accès à  une exposition concernant les aliments consommés par les habitants d'Herculanum. Cette visite se tenait dans la Villa Campolieto face à la mer 🌊.

puis âžĄïžDirection Herculanum⏩. 

Herculanum avait déjà subi un 1er tremblement de terre en 62 apr. J.-C. (c'était un signe annonciateur à l'échelle du temps...) et a été détruite lors de l’éruption de 79 apr. J.-C. 

Plus petite et mieux préservée que Pompei, Herculanum offre une visite plus intime (3 heures sur site quand même). Nous avons eu l'impression de nous promener dans une ville de province figée dans le temps dans laquelle tous les habitants se seraient volatilisés pour une raison mystérieuse.

Si Pompei  a été recouverte de cendres et de pierres ponces, Herculanum a été ensevelie sous une coulée plus dense et plus chaude qui a permis de mieux conserver des éléments rares comme le bois, les meubles, les étages, de nombreuses fresques et mosaïques et même des aliments, grâce à la carbonisation.

Les restes de près de 300 habitants surpris en tentant de fuir dans les hangars à bateaux ont été exhumés. 

La fin de la visite est vraiment émouvante đŸ„ș en découvrant les dépouilles de ces pauvres gens figés dans des postures de protection (couple enlacé ou parents protégeant leur enfant)

Aujourd’hui, le site est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Des bijoux, statues dans un état remarquable de conservation sont visibles dans une aile annexe du site.

Traditions et petits rituels d’âme: Vivre à la napolitaine 

Le culte des âmes du purgatoire est l’une des traditions les plus fascinantes de la ville. Dans certaines églises, notamment à Santa Maria delle Anime del Purgatorio ad Arco, les fidèles s’adressaient autrefois à des 💀 crânes anonymes , appelés “capuzzelle”, qu’ils adoptaient comme des âmes à protéger.

On nettoyait đŸ§œ le crâne, le plaçait dans une petite niche et lui offrait des fleurs ou une pièce. En échange on espérait recevoir aide, chance ou réconfort dans les moments difficiles. Le lien était presque affectif : si les prières semblaient exaucées, l’âme devenait une sorte de protectrice invisible.

Cette tradition, aujourd’hui plus culturelle que religieuse, raconte l’attachement profond des Napolitains aux défunts, à la mémoire et à la proximité entre le monde des vivants et celui des morts.

Crânes devant la Chiesa Santa Maria delle Anime del Purgatorio ad Arco

Il est courant d’afficher sur les murs des avis de décès : de grands feuillets blancs collés dans les rues pour annoncer la disparition d’un proche. Cette tradition très ancrée permet au quartier tout entier de rendre hommage et de participer au deuil de la famille. Même les animaux 🐈 y ont droit😄. 

La petite statue de Pulcinella, près de la Via dei Tribunali, est devenue au fil des années un véritable porte-bonheur urbain : les passants touchent ou frottent son nez (nous aussi on l'a fait 🍀) pour attirer la fortune, chasser la poisse ou simplement “se donner un peu de bonne énergie”.

 Résultat : le nez de la statue brille beaucoup plus que le reste, poli par des milliers de mains !

Dans la même la lignée, les cornicelli se retrouvent partout.

Ces petits piments rouges en forme de corne, sont les porte-bonheur emblématiques de Naples. On les utilise pour éloigner le mauvais œil (malocchio) et attirer la chance. Leur forme ancienne symbolise la protection et leur couleur rouge renforce l’idée de force et de vie. On en offre pour porter bonheur lors d’examens, de nouveaux projets ou simplement par affection. Un geste simple, mais très ancré dans la culture napolitaine.

À Naples, le Spritz est une institution. On en trouve de toutes les couleurs : orange classique đŸč, rouge vif façon Campari, jaune au limoncello 🍾, vert à la menthe, bleu en hommage à Maradona… Les bars aiment varier les recettes, souvent avec des liqueurs locales. Et surtout, il est bien moins cher qu’ailleurs (entre 1.50 € et 2.50€) et toujours accompagné d’un petit (ou gros) en-cas. On le prend en terrasse ou à emporter. 

Les "Stations de l'Art" (de métro): parcours artistique unique

Certaines stations de la Ligne 1 sont de véritables œuvres d’art. Le réseau a connu une réhabilitation ambitieuse, confiée à des architectes et designers de renom, transformant ces lieux fonctionnels en parcours unique (et gratuit â˜ș).

L'initiative vise à transformer les stations en plusieurs galeries d'art contemporain, les rendant accessibles à tous pour une expérience culturelle quotidienne.

Les stations (que nous n'avons pu toutes visiter) rassemblent plus de 200 œuvres de cent artistes contemporains, constituant l’un des plus grands musées souterrains au monde.

Station DUOMO: proche de la Cathédrale, la station est parée de matériaux réfléchissants et de formes géométriques rétroéclairées changeant de couleur 🌈.

Cette station, aux tons plus sobres, se distingue par ses formes géométriques et son ambiance futuriste.

Station VANVITELLI: élégante, elle offre une atmosphère raffinée mélant lumière et matériaux bruts. .

Station TOLEDO: souvent élue parmi les plus belles stations du monde. Elle propose un design immersif et des jeux de lumière qui évoquent la mer et la lumière napolitaine. Elle nous a impressionné:  les escaliers et murs scintillent comme sous l’eau, offrant une expérience presque magique notamment grâce à l'installation artistique « Cratère de Lumière » de Robert Wilson.

Station UNIVERSITÀ : cette station est un hymne à la jeunesse (flashy, punchy) et à la connaissance. Ses fresques colorées, ses sols de type "Spyrographe", ses sculptures contemporaines et ses oeuvress lenticulaires créent une ambiance dynamique et ludique.

Le Street-art

Il fait pleinement partie du décor. Les murs sont recouverts de fresques, de pochoirs et d’innombrables tags qui courent en bas des immeubles. On y croise des œuvres devenues emblématiques — les portraits de San Gennaro ou de Maradona — mais aussi une multitude d’inscriptions plus spontanées. Ce mélange de grandes fresques engagées et de graffitis bruts donne à Naples une atmosphère unique : vivante et rebelle.

La preuve en images !

 

C'est sûr, dans le quartier ils n'ont pas voté Giorgia MELONI!

 

LE COIN DES GOURMANDS😋

 

Spécialités napolitaines: la pizza fritta et les beignets (de légumes, de poissons...) servis dans des cornets à emporter.

Le baba est également décliné sous de nombreuses formes (fourré au citron, à la pistache, mini ou géant mais toujours avec une copieuse dose de rhum). 

Le Caffè Gambrinus est une véritable institution à l’élégance Belle Époque, décoré de marbre, de miroirs et de fresques. On y savoure un espresso et/ou une douceur au compteur ou en salle dans une ambiance raffinée.

PROCHAINE ÉTAPE: TAORMINE/SICILE

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Commentaires

ANGOT Christelle
il y a un mois

Magnifique !!
La Galleria Umberto I me fait Ă©tangement penser Ă  la galerie de Milan Ă  cotĂ© del Duomo, et Herculanum Ă  l'Ile de Spinalonga (ou l'ile des lĂ©preux) en CrĂȘte.